Jeudi 22 juillet 2010 4 22 /07 /Juil /2010 17:18

Bonjour !

 

Lune Bleue est un cyber-magasine, orienté paganisme, qui a eu la gentillesse de s'intéresser à mes écrits ...

 

Comme promis, voici le lien vers cette cyber-revue, n'hésitez pas à tout lire, c'est vraiment passionnant !!

 

 

 

http://lunebleuemag.files.wordpress.com/2010/06/lunebleue5.pdf

 

Par Plume de Nuit - Communauté : manuscrits en ligne (romans)
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Vendredi 16 juillet 2010 5 16 /07 /Juil /2010 17:15

 

Finalement, cette entrevue avec Justin, le Dominus de cette cité, s'était révélée plus productive que prévu. Nicole était encore surprise de cette collaboration entre deux Clans. Mais elle ne se leurrait pas quant à sa cause : l'orgueil de Justin avait été froissé lorsqu'elle lui avait révélé que Bismarck agissait dans sa ville en totale impunité. “Je ne tolérerai pas de tels agissements plus longtemps ! s'était écrié le Dominus après qu'elle lui ait exposé la situation.

- Vous n'avez donc pas lu la presse ? Les journaux n'ont pas cessé d'en parler depuis des mois ! “ Sous le coup de l'émotion, elle avait ôté ses lunettes. Ses iris argentés sucitèrent un mélange de curiosité et d'effroi parmis les vampires de la cours de Justin. Celui-ci tenta de dissimuler ssa gêne, non sans mal. “Bien sûr que nous sommes au courant pour tous ces meutres. Nous lisons les journaux, que croyez-vous ? Seulement... seulement, j'ai cru qu'il s'agissait d'affaires humaines. Une simple affaire de... bétail.” Evidemment, ils n'avaient pas eu accès à la totalité des informations, ils ignoraient tout des traces de morsures laissées sur le cou des victimes. Mais le pire dans toute cette histoire, c'est que le Dominus Gangrel de cette cité prenne comme un affront personnel les agissements de Bismarck. Nicole soupira au souvenir du temps perdu passé à exposer ses motivations à traquer ce monstre de Bismarck. Justin lui avait déclaré vouloir juger du bien-fondé de cette chasse. La vérité était bien moins reluisante : Justin voulait d'une part afficher son autorité de Dominus et d'autre part faire sentir cette dernière à cette petite chasseresse Tremere. Elle avait donc joué le jeu, jusqu'au à un certain point, du moins. Lorsqu'elle avait jugé qu'il commençait à aller trop loin et qu'elle perdait son temps, elle lui avait fait remarquer que pour un Dominus, il était négligeant dans l'administration de son territoire. Toute cette politique lui donnait la nausée.

Mais au final, elle avait obtenu ce qu'elle était venue chercher : le Dominus avait mandaté quelques membres de son Clan pour assister Nicole dans sa traque. Ne rien faire aurait signifié qu'il tolérait le séjour de Bismarck, un criminel de la pire espèce aux yeux de sa propre race, sur son territoire. Ce qui aurait pu sous-entendre qu'il tolérait son crime. Position bien inconfortable pour un Dominus. Assassiner son chef de Clan était un crime impardonnable qu'aucun Dominus ne peut supporter.

Justin lui avait adjoint l'aide de deux vampires : Martha et Sören. L'une se complaisait à porter des tenues de cuir, moulantes à souhait qui mettaient sa silhouette mausclée en valeur. Ses yeux verts et sa longue chevelure dorée lui donnait l'air d'une tigresse. Sören, pour sa part, ressemblait à un ange de la Renaissance. Ses cheveux bruns et bouclés encadraient un visage aux traits fins, réhaussé par de magnifiques yeux verts. “Vraiment séduisant, se dit Nicole. Dommage que l'heure ne soit pas à la bagatelle.” L'avantage d'être assistée par deux Gangrel, c'est qu'ils pouvaient fureter partout sans attireer l'attention de Bismarck. Elle avait fait une assez bonne description de son ennemi juré, insistant sur son habitude à cracher sur les règles. Ces vampires étaient jeunes, néanmoins, et elle n'était pas certaine qu'ils soient bien conscients du danger que Bismarck représentait.

Pour l'heure, ils exploraient les bas-fonds de la ville, interrogeant les autres vampires, usant de leur prérogatives de membres de la cours du Dominus. Quant à elle, elle écumait les boîtes et autres bars de nuit. Elle connaissait ses habitudes de chasse, son goût pour les humains qui traînaient dans ce genre d'endroits. Elle avait de bonnes chances de croiser ici, et avec encore de chance, elle allait pouvoir le suivre jusqu'à son refuge. Pourtant, elle n'aimait pas compter sur autant de facteurs aléatoires. Naviguer dans un brouillard d'incertitudes n'était jamais une bonne idée... Mais pour le moment, elle n'aviat pas le choix. Ne possédant rien de lui, elle ne pouvait user de magie de sang sur ce monstre.

 

Toutefois fréquenter les boîtes et les bars de nuit représentait aussi un avantage : elle avait la possibilité de trouver une proie pour elle. L'humanité aurait bien changé si elle ne se dénichait pas un être perverti ou corrompu ici. Pour le moment, elle se laissait submerger par le rythme hypnotique de la musique ambiante. Un flot de pensées aiguisa soudain son appétit. Sans qu'elle puisse en localiser la source (la boîte était vraiment bondée) elle perçut des effluves de violence contenue, de la brutalité sourde propre aux prédateurs. Il ne restait plus qu'à appâter... Avec des gestes lents, elle dégraffa quelques boutons de nacre, dévoilant sa chair de porcelaine. Tout en essayant de paraître le plus humaine possible, elle se dirigea vers le centre de la piste. Tandis qu'elle dansait, elle sentait le désir des hommes glisser sur elle .Elle s'amusait beaucoup de la naïveté de ces mâles qui croyaient qu'il leur suffisait de jouer les paons et de claquer des doigts pour avoir la fille à leurs pieds. Mais contrairement à ce qu'ils avaient à l'esprit en la regardant onduler sur le tempo, c'était elle qui était en chasse. Et si elle se fiait à ce qu'elle ressentait, sa proie devait être toute proche. Elle sentait ses pensées lui coller au corps. Où était-il exactement ? Lequel de ces hommes était-ce ? Avec des mouvements langoureux, elle pivota sur elle-même, cherchant du regard sa proie. Il était là, le mignon, tout près. A la fin du morceau, elle quitta la piste et s'éloigna ostensiblement. Elle alla s'instaler à une table tranquile, l'oeil aux aguets. Bientôt, elle vit s'approcher un homme grand et musclé, son corps moulé dans des vêtements qui mettaient sa séduction en valeur. “Puis-je ? Demanda t-il en désignant la banquette.

- Je vous en prie”, répondit Nicole, un fin sourire aux lèvres. Les présentations furent faites, l'homme avait un prénom d'une tezlle banalité que la vampire n'y prêta que peu d'attention. Il la complimentra sur sa mise et sa façon de danser. “Vous étiez ... ensorcellante, ronronna t-il en se rapprochant.

- C'était le but, vous savez.” Elle le laissa lui prendre la main. Sa fraîcheur ne parut pas le gêner, il ne sembla même pas s'en rendre compte tant il était occupé à l'attirer contre lui. Le jeu amusait beaucoup la vampire qui le laissa faire encore un moment. Son sang s'échauffait et n'en serait que meilleur ... Lorsque les mains de cet homme commencèrent à s'affoler sur les boutons des vêtments de Nicole, elle le repoussa doucement. “Eh bien, eh bien, te voilà bien fougueux ...

- Aucune femme ne me résiste, baby. Aucune.” Et ce disant, son esprit informait Nicole du sort de celles qui avaient eu l'outrecuidance de résister à cet étalon. “Qui parle de résister, mon chou? Moi, je veux juste faire un tour dehors. Tu viens ?” Il prit la main qu'elle lui tendait avec empressement et la suivit. L'air frai était bien agréable après la touffeur de la boîte. Elle refusa le blouson qu'il lui proposait. Elle le sentait sur le qui-vive, attendant sans doute que le petit cachet qu'il lui avait glissé dans son verre fasse effet. Il ignorait toutefois qu'elle ne faisait que semblant de boire. De toute façon, elle préférait une autre sorte de liqueur. Elle l'entraîna loin de la boîte, le laissant gazouiller à son oreille, lui laissant croire que c'était lui qui menait le jeu. Tandis qu'ils marchaient, elle aperçut du con de l'oeil Sören et Martha, accompagnés d'un troisième vampire. Elle se laissa conduire jusqu'à une voiture, un modèle sportif et tape à 'oeil. Dès qu'il fut installé au volant, ses mains furent prises de frénésie. Nicole subit un moment les caresses maladroites de cet homme puis, lorsqu'elle en eut assez, elle les chassa comme des insectes importuns. “tu as froid, bébé? Tu veux que je mette le chauffage?

- Non, non, tout va bien.

- Ok ...” Ses doigts s'agacèrent sur les boutons de nacre de la chemise de Nicole. Elle sentait son sang s'affoler, ses mains chercher le contact de sa peau. Son esprit, quant à lui, rugissait d'impatience. Il la voulait, qu'elle soit d'accord ou non. Mais elle aussi le voulait, mais pas de la façon qu'il croyait ... “Allez, laisse-toi faire, s'écria t-il, à bout de patience.

- C'est ça que tu leur as dit?” chuchotta Nicole. Il eut un mouvement de recul, léger mlais perceptible. “De quoi tu parles, là? Ecoute, si tu veux, on peut aller ailleurs.

- Non, on est bien ici. Très classe, ta caisse. Non, moi je parlais des femmes que tu as déjà violé. C'est ça que tu leur dis?

- Comment ça violé? Mais tu es qui au juste?” elle ôta ses lunettes noires, les rangea avec soin sur le tableau de bord. Elle lui offrit son plus beau sourire et c'est avec satisfaction qu'elle vit l'effroi se peindre sur son visage. “Qui je suis? Je crois que tu sais qui je suis. Je t'ai choisi, vois-tu, fit-elle en lui caressant la joue. Je t'ai choisi car tu es une âme vile, qui se complait à martyriser les femmes.” Elle scella ses protestations d'un doigt glacé. “Ne me dis pas que c'est faux, je sais ce que tu es. C'est pour ça que je suis ici, avec toi. Je vais débarrasser le monde de ta présence, et toi, en échange, tu vas me donner ton sang.” Elle usait de ses pouvoirs d'hypnose sur cet home car elle ne voulait pas qu'il crie, qu'il supplie ou se débatte. Même si elle aurait bien aimé entendre ce violeur supplier pour sa vie, elle n'avait pas le temps pour ce genre de futilité. Elle sentait que son ennemi était proche, plus proche qu'à n'importe quelle autre époque et ne comptait pas le laisser filer. Oh que non ! Il avait commis l'erreur de s'encombrer d'une goule et d'un otage, à elle d'en profiter. Tandis que sa proie tendait docilement son cou, elle laissa la soif l'envahir. Elle entendait le sang rugir à ses oreillles, sentait les souvenirs de débauche de sa vistime ramper dans son esprit. Les cris, les pleurs d'une dizaine de femmes lui résonnèrent tant et si bien aux oreilles qu'elle brisa l'envoutement. Il voulut crier de terreur, mais la main du vampire était implacablement collé sur ses lèvres. Il émit des geignemements de terreur face aux ombres qui le dévoraient petit à petit.

 

Une fois prélevée l'ultime goutte de sang et le coeur complètment desséché, Nicole Pavalli alla le déposer dans le coffre, sans plus de cérémonie. Les clés était sur le démarreur et la voiture ronronna dès que le contact fut mis. Elle manoeuvra jusqu'à sortir de la ruelle, puis elle s'engagea dans le traffic. Elle roula un moment et finit par retrouver les trois Gangrel. Ils montèrent sans un mot. Sören s'assit à côté d'elle, laissant la banquette arrière à Martha et au troisième vampire. Bien qu'ils soient sur leur territoire, ils attendirent qu'elle leur adresse la parole pour parler. “Un entrepot, près du port, a l'air suspect”, révéla Sören. En mettant le cap vers la mer, Nicole Pavalli ne put s'empêcher de sourire.

 

silvereyes.jpg Silver eyes image by raiventastic

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Mercredi 16 juin 2010 3 16 /06 /Juin /2010 17:03

Chapitre 22

 

 

            Depuis combien de temps suis-je ici ? Combien de jours sont passés depuis que je croupis dans cette cage pourrie ? Franchement, mon avis sur les animaux en cage a radicalement changé. Je dirais même que depuis que je suis ici, j'ai totalement intériorisé l'expression “cage à lapin” ... Mon désespoir est si vaste que je n'ai pas de mots pour l'exprimer. Même l'humour ne parvient plus à me distraire. Le pire, c'est que je ne sais toujours pas pour quelle raison Bismarck me retient prisonnier. Je pressens que ça doit avoir un rapport avec Nicole Pavalli. Quoique la haine et la rancoeur qui les lient soient puissantes et surtout réciproques. Bismarck ne se laissaqit pas de ses discours, de ses tentatives de justifications aux horreurs qu'il a commis. Plus il essayait d'excuser ses assassinats, plus je comprenais la colère de Nicole qui enflammait son regard lorsqu'elle parlait de lui. Je comprenais aussi à présent pourquoi elle voulait me tenir à l'écart de ce vampire.  A l'échelle humaine, c'est un psychopathe. Maintenant, à l'échelle vampire, je suppose que ça doit être pire ...

 

            La jeune femme qui m'apportait mes repas avait sensiblement changé. Ses traits,  avenant il y a peu, se creusainet petit à petit. De vilaines cernes violacées bordaient ses yeux de façon alarmante. Ses pas se faisaient plus pesant aussi. Bismarck semblait n'avoir rien remarqué, ou s'en fichait royalement. J'étais bien certain que Rachel Strigoï n'était pas son vrai nom. Mais si mon intuition de flic m'avait éclairé au sujet de changement d'identité, elle ne me soufflait rien quant à sa véritable identité ou même de la raison de ce changement. J'avoue volontier que ce mystère était bien maigre pitance, mais il m'empêchait de devenir tout à fait fou. Je n'avais toujours aucune idée du pourquoi de ma présence. Je n'imaginais pas être un appât valable pour attirer Nicole Pavalli dans ses filets. Vu la rancoeur et la haine qui les liaient l'un à l'autre, un simple coup de fil à Nicole aurait suffi à la faire venir où il voulait. J'avoue avoir craint de devoir lui servir de plateau-repas. Je voyais avec quelle sauvagerie il s'abreuvait aux veines de la docile Rachel et mon estomac se révulsait à chaque fois. Immanquablement. Mais il se contentait de s'assoir face à ma cage et de parler de longues heures. Le plus souvent des récits de sa vie. C'est avec horreur que j'ai été contraint d'entendre ses exploits sanglants dans le Londres de 1888. au moins ai-je le privilège de connaître la solution au plus grand mystère criminel de tous les temps. Maigre privilège, piètre consolation.

 

            Je dévisageais l'assiette posée devant la fente de ma cage. Les talents de cuisinière de Rachel avaient sérieusement baissé depuis quelques jours. La viande qu'elle me présentait était à moitié cuite et les légumes avaient leur tête des mauvais jours. Rien d'encourageant. La minuscule fenêtre au ras du plafond m'informait que Bismarck resterait terrer dans sa cachette pendant encore quelques heures. J'appelais la jeune femme plusieurs fois avant de parvenir à attirer son attention. Elle tourna vers moi un regard éteint. “Rachel, approchez-vous, s'il vous plait.

- Que voulez-vous ?” Son ton était un peu agressif. Sans doute Bismarck lui avait-il donné des instructions. Elle était sur la défensive, toute son attitude le clamait. “Je veux juste vous parler.”J'essayais de paraître le plus inoffensif possible. Cela n'avait rien d'un exploit en soi : je n'avais pas eu l'occasion de me laver souvent depuis que je logeais dans ce palace, ni même de me raser, d'ailleurs. Résultat : je me sentais hirsute et sale. J'étais bien loin du top de ma séduction. “J'ai rien à vous dire, me rétorqua t-elle, sèchement.

- Mais vous pouvez au moins m'écouter ?

- Mon maître m'a interdit de vous parler.

- Ok, je comprends. Mais je ne vous demande pas de me parler, juste de m'écouter. Approchez-vous, s'il vous plait.” Elle s'approcha à pas prudents, comme si j'étais un loup qui voulait lui sauter à la gorge. Elle finit par s'asseoir à un bon mètre de ma cage, les genoux sous le menton, ses bras maigres les entourant dans un geste protecteur. La voir de plus près provoqua en moi révolte et découragement. Comment peut-on traiter un être humain de cette façon ? Je ne parvenais pas à croire que Bismarck et Nicole Pavalli soient de la même espèce ni du même Clan, tant leurs comportements étaient différents. Je soupirai. “Rachel, vous souvenez-vous de votre vie d'avant votre avefc Bismarck ?” Elle coula vers moi un ragard vide. Je dus répéter ma question d'une voix douce, afin de percer le mur de mutisme dans lequel elle était enfermée. “Rachel, repirs-je, vous aviez une vie avant, non ? Des amis, une famille, sûrement. Vous vous en rappelez ?” J'avais l'impression de forcer un coffre-fort avec une cuillère en plastique. Les ordres de Bismarck avaient une puissance incroyable. J'avais déjà vu cette force subliminale des vampires dans les films, mais je constatais avec effroi que c'était pire dans la réalité. J'ai continué un moment sur le sujet, espérant que mes paroles fassent ressurgir un peu de son ancienne personnalité. Cette idée m'était venue lors de mes longues heures passées seul avec Rachel. Je finis par animer une petite étincelle au fond des yeux sombres de la jeune femme. Petit à petit, l'ordre du vampire perdait de sa puissance. “Vous souvenez-vous comment vous avez rencontré Salmonéus Bismarck ?” J'insistais autant que je pouvais car, soyons honnêtes, elle était ma seule alliée potentielle dans ce trou. Elle mit un moment pour me parler et sa voix était rauque. “Je me souviens pas bien ... Mon nom ? Mon maître m'appèle Rachel, mais avant je m'appelais ? ... “ Ses yeux se remplirent soudain de larmes. “Comment je m'appelais ? Comment je m'appelais avant ?” La panique sourdait dans sa voix. Je compatissais d'autant plus que j'étais la cause de son sentiment de panique. Elle se rapprocha un peu de ma cage, méfiante. “Comment vous appelez-vous, vous ?

- Bismarck ne vous l'a pas dit ?” Elle secoua la tête, avant de coincer ses mèches sales derrière ses oreilles. “Mon nom est Rémi Dumarchand. Je suis de la police. Depuis combien de temps suis-je ici ?

- Je crois que vous êtes là depuis 15 jours.  Moi je suis pas sûre, ma notion du temps est imparfaite.” Deux semaines ! J'aurais cru que j'étais ici depuis plus longtemps. En même temps, deux semaines passées dans cet enfer, c'était fichetrement trop long !  “Vous savez pourquoi je suis là ?” Elle secoua énergiquement la tête. Ça ne coûtait rien d'essayer. Elle resta un moment silencieuse. “Je ne souviens plus de mon nom ... Vous le connaissez, vous ?” Comme je secouai la tête, sincèrement navré pour elle, des larmes coulèrent de ses yeux. Elle pleura longuement, ses frêles épaules secouées par des sanglots de désespoir.

 

            Avec la nuit vint Bismarck. Lorsqu'elle entendit le bruit de ses pas, Rachel bondit sur ses pieds et détala en vitesse loin de ma cage. La terreur qu'il lui inspirait ma faisait mal au coeur. Moi-même ne ressentais que dégoût et colère pour ce vampire. Il me regarda avec un grand sourire, et je sentis un risson d'effroi me courir le long de l'échine. “Bonjour, mon mignon, fit-il d'une voix désagréablement onctueuse. Comment se passe la vie pour toi ?

- Elle serait bien meilleure si j'étais ailleurs, grinçai-je.

- Oh, comme tu y vas !” Sa bonne humeur me mettais mal à l'aise. J'étais prêt à parier que ça cachait quelque chose, et j'étais sûr que ça n'augurait rien de bon. “Je suis vraiment désolé d'interrompre votre passionnante conversation. Rachel, viens ici.” Elle s'approcha, de la crainte au fond des yeux. Il la regarda un long moment trembler face à lui, visiblement satisfait. “De quoi avez-vous parler, tous les deux ?

- De rien, Maître.

- Allons, je sais que vous avez discuté. De quoi ?” Il devenait de plus en plus insistant, tenant le menton de Rachel entre ses doigts blêmes, plongeant ses yeux au fond du regard apeuré de la jeune femme. Jamais je n'avais vu un tel regard : il vrillait ses iris dans ceux de cette pauvre femme, lui fouillant l'âme sans pitié. Elle ressemblait un peu à un lapin pris dans les phares d'une voiture, complètement tétanisée. Pourtant, si jamais elle lui avouait la vérité sur notre discussion, ça en était fini de nous. Car nul doute qu'il nous mettrait, elle et moi, dans le même sac. Quant à ce qu'il ferait de ce sac ...

Malgré sa peur, Rachel continua de nier. Il se décida à la relâcher lorsqu'elle se mit à sangloter de peur. Je l'admirais pour son courage; je n'étais pas certain de pouvoir résister à Bismarck si l'envie lui prenait de me soumettre à la question. Néanmoins, elle ne pipa mot quant à notre petite discussion. Elle le laissa boire à ses veines sans protester, sans se débattre. Je frémis d'horreur. Puis il nous quitta, sans doute pour trouver des veines plus appétissantes. “Restez sages, les enfants. Je reviens très vite. Rachel, ajouta t-il en se retournant, interdiction formelle de parler à notre invité. Tu m'as bien compris ?” Elle hocha la tête, la mine soumise. “Je veux te l'entendre dire, Rachel”, insista le vampire, les yeux étincellants. “Oui, Maître. Je ne parlerai pas au prisonnier.” Il nous jeta un dernier coup d'oeil : moi, pitoyable dans ma cage et Rachel, sale et dépenaillée près de la porte. “Donne lui quant même à manger. Et à boire aussi.” Tandis qu'elle hochait la tête, Bismarck claqua la porte et verrouilla avec soin. Elle resta éloignée de ma prison pendant de longues heures. J'hésitai à l'appeler de nouveau, au souvenir de l'interrogatoire auquel j'avais assisté. Lorsqu'elle m'apporta mon repas, nous avons échangé un long regard. “Vous savez, j'rai beaucoup réfléchi.” me chuchota Rachel après beaucoup d'hésitation. Je la regardai un moment sans comprendre. “A propos de mon nom. Je veux dire, celui d'avant.” Elle s'interrompit pour aller écouter à la porte. Elle revint après s'être assurée que personne ne viendrait. “Je crois que je m'appèle Mélanie, en vrai.” A me fixer avec ses grands yeux pétillants, elle me faisait penser à une petite fille. Je répétai ce prénom doucement. “Mélanie ... comment ? Vous vous rappelez ?” Elle nia du chef, sans cesser de sourire. “Non pas encore. Mais Mélanie, c'est déjà bien, non ?” Certes, et ça voulait dire que d'une manière que je ne comprenais pas bien; elle se soustrayait à l'influence de ce monstre. Et ça, c'était une bonne nouvelle ! On était encore loin du plan d'évasion sans accroc, mais c'était déjà un pas dans la bonne direction ! En cet instant, j'avais à mes côtés ce qui ressemblait le plus à une alliée dans cet enfer.

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Samedi 10 avril 2010 6 10 /04 /Avr /2010 14:10

 

Elle fit escale dans son refuge, une chambre d'hôtel de bonne qualité, afin de faire un brin de toilette avant de se rendre à La Faim de la Nuit. Certains Buveurs de Sang préféraient se terrer dans des taudis sans nom, mais pour sa part, elle appréciait le confort moderne d'une douche chaude et de senteurs délicates. Elle sourit au réceptioniste, monta d'un pas leste malgré tous ses paquets, refusant l'aide qu'il venait gentillement de lui proposer. Après avoir vérouillé sa porte, elle ôta ses vêtements, et se dirigea vers la salle de bain. Elle laissa l'eau brûlante glisser avec délice le long de son corps gracile et musclé, sentant sa température remonter. Puis elle choisit un gel douche aux senteurs de tiaré et se lava minutieusement, enivrée par cette odeur et la chaleur de l'eau. Sa peau, d'ordinaire d'une blancheur d'albâtre, prenait des nuances rosées qui la ravissaient. Elle profita longtemps de cette douche, et y serait restée volontier toute le soirée si d'autres affaires ne la réclamaient dehors. Elle soigna sa mise, car il ne fallait pas qu'elle soit refoulée à l'entrée à cause de sa tenue, ça aurait été un comble quand même.

 

Elle prit le chemin du club d'un pas souple, les talons de ses bottes claquant sur le trotoir glacé. Le ciel avait une teinte blanche ,annociatrice de neige. Elle se souvenait encore de sa première neige, de l'émerveillement que cela avait sucité en elle.Même maintenant que le froid ne pouvait plus l'atteindre, que son âme s'était endurcie au fil des épreuves et des nombreux combats que sa longue éxistence lui avait réservé, la neige conservait tout son merveilleux à ses yeux de vampire.

 

La Faim de la Nuit affichait un tel succés que videurs et autres physionomistes ne manquaient pas d'occupation avec le vaste attroupement qui campait devant ses portes. Nicole considéra cette foule, pour l'essentiel humaine, depuis le trotoir d'en face. Elle devait entrer, le Maître de cette ville aurait sans nul doutes l'information qu'elle recherchait. Elle en avait croisé de nombreux autres depuis qu'elle même avait rejoint les rangs des vampires, et tous n'étaient pas de son Clan. Certains véhiculaient toutes une mythologie obscure comme les Gangrel. Certains autres refusaient de divulguer les secrets qui asseyaient leurs pouvoirs , comme son propre Clan. Mais le crime de Bismarck était suffisamment odieux pour qu'aucun Clan ne s'assure qu'il soit puni.

 

Elle remonta la manche de son manteau et celle, plus délicate, de son chemisier pour dégager son poignet blanc. Après un regard alentour, elle mordit sa chair de marbre. Pendant quelques toutes petites secondes, rien ne se passa, puis le sang afflua hors de la plaie. Elle chuchotta un sortilège et tandis que la blessure se refermait déjà, elle recueillit les précieuses gouttes de sang. Elle les regarda luire sous l'effet du sortilège avec un sourire satisfait. La magie de son Clan était puissante. Une fois le sort scellé par une passe, le sang émit une ultime lueur avant de reprendre son aspect normal. Les quelques gouttes de précieux liquide vital étaient chaudes au toucher. Tout doucement, Nicole déposa les gouttes sur son cou. Aussitôt, sa peau avide l'absorba. Elle attendit encore quelques instants, sentant une douce chaleur l'envahir. Puis, elle traversa la rue d'un pas décidé, et alla s'aligner dans la fille qui s'allongeait devant le club. Les humains qui l'entouraient dégageaient certes une odeur appétissante, mais elle était repue, ce qui lui assurait d'être relativement inoffensive. Elle entendait le désir des hommes et la jalousie des femmes. Mais personne n'avait conscience de pénétrer dans un repaire de vampires. Ou peut-être que si ? Après tout, cela lui importait peu, les humains étaient libres.

 

Sans beaucoup de surprise, elle vit le portier lui faire signe d'entrer. Après tout, la magie de son Clan avait fait ses preuves depuis des siècles ... L'intérieur de la Faim de la Nuit avait cette ambiance gothique qui plaisait à la fois à la jeunesse de ce siècle et aux vampires. L'appât idéal, l'écrin parfait pour les appétits de ceux de sa race. Les murs, d'un violet profond? Étaient réhaussés d'argent autour des miroirs aux cadres baroques. La lumière était dispensée par des appliques ouvragées en fer forgé. Le tout parvenait à donner une impression de lumière rassurante et de pénombre confortable. La musique était diffusée à un volume non négligeable, ses pulsations étaient réhaussées par les stromboscopes. Elle avança d'un pas dansant, appréciant la musique. Elle en profitait aussi pour repérer les lieux, bien à l'abris derrière ses lunettes à verres miroir. La foule était dense, les coprs se bousculaient sur le dancefloor avec une belle énergie. La population de ce club était jeune et en pleine force de l'âge. L'odeur de tous ces humains était entêtente. Dans la pénombre, elle devinait les vampires de ce lieu, elle sentait leurs regards posés sur sa personne, certains la détaillant de pied en cap, d'autres la dévisageant d'une façon peu amène. Mais quoi qu'ils pensent de son intrusion sur leur territoire, ils ne feraient rien sans que le Dominus de cette ville ne leur en donne l'ordre. Nicole avisa une porte tout au fond du club, près des banquettes. Deux gardes du coprs en protégeaient l'accès. Des humains, ces deux malabars étaient des humains, mais le discret bandeau de cuir, badgé d'un loup hurlant, qu'ils portaient autour du cou, révélait leur appartenance au Clan Gangrel. Néanmoins, elle s'approcha d'un pas décidé, gardant malgré tout un oeil sur les vampires nonchalemment installés sur les canapés en velour .”On n'entre pas. C'est une salle privée, l'informa l'imposant Noir de gauche.

- Je n'en doute pas. Soyez gentil, allez dire à votre maître que je souhaite le renconter.

- Vous croyez pouvoir l'importuner comme ça ? lui demanda l'imposant Noir de droite.

- Donnez-lui ma carte et laissez-le en juger.” Ce disant, elle tendit une carte, attendant que l'un des deux se décide. L'imposant Noir de droite s'en empara et disparut derrière la porte. Elle n'eut pas longtemps à patienter et lorsque la porte se réouvrit, elle s'engagea à la suite du grand balèse. Le bout du couloir, fort peu éclairé, s'ouvrait sur une pièce luxieusement aménagée. Au-dessus de sa tête pendait un magnifique lustre en pampilles de cristal. Elle fit quelques pas dans la pièce, saluant de la tête tous les vampires rassemblés là. La demi douzaine de Buveurs de Sang présents était alanguie qui sur de confortables fauteuils, qui sur des banquettes, tous en cuir sombres. Les meubles, en bois précieux, s'harmonisaient parfaitement. Derrière un splendide bureau trônait un vampire au regard intense. “Recevez les salutations du Clan Tremere.” Tout en parlant, elle s'inclina devant son vis à vis, ainsi que face aux autres vampires. Elle en profita pour observer les vampires présents : la mise élégante, abondemment pourvue en cuir et fourrures, toutefois. “A genoux devant le Maître de cette cité ! Je suis Bastien et tel est mon titre !” Elle ôta posément ses lunettes et goûta avec satisfaction la surprise de Bastien. “Jamais Tremere ne s'est agenouillé devant quiconque, hormis son Roi, clama t-elle en fixant l'autre de ses prunelles argentées.

- Toujours aussi fiers, ces Tremere ! affirma une voix derrière elle. Elle pivota vers la voix, laquelle appartenait à l'un des vampires alanguis sur l'un des canapés. Vêtu d'un pantalon en cuir noir, ajusté, et d'un gilet en cuir assorti agrémenté d'un col en fourrure rousse, probablement du renard. En y regardant de plus près, elle constata le petit, mais bien réel, espace qui le séparait des deux autres Buveurs de Sang. Elle s'inclina à nouveau face à lui, le regardant dans les yeux. “Oui, nous sommes un Clan fier, pourquoi le nier ? Et nous ne sommes pas dupes des supercheries.

- Comment cela ? interrogea Bastien.

- Jamais je ne croirais que tu es le Maître de cette cité, surtout quand je le vois devant moi.” répondit Nicole avec un nouveau salut en direction du vampire au col de renard. Le silence accueillit sa déclaration, jusqu'à ce que le vampire désigné se lève. D'une démarche souple, il vint se poster devant elle. “J'ai entendu parler de toi, Nicole di Medicis. Tout ce que l'on dit de toi est-il vrai ?

- Probablement. Mais ce n'est rien en comparaison de tout ce que l'on tait.” Elle ponctua sa dernière phrase d'un sourire ; le Dominus lui en fit un en réponse. “Enchanté, Nicole di Medicis, je suis Justin, Dominus de cette cité.” Elle serra la main qu'il lui tendait. Il l'invita à s'asseoir tandis qu'il allait s'installer au bureau que son acolyte avait libéré. Après quelques civilités, Justin s'informa du but de la visite de Nicole. Et Nicole, posément, lui exposa sa requête. Tous l'écoutèrent dans un silence concentré.

Par Plume de Nuit - Communauté : manuscrits en ligne (romans)
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Jeudi 4 mars 2010 4 04 /03 /Mars /2010 15:37

Bonjour et merci pour l'invitation !

Je suis donc inscrite sous le pseudo de Plume de Nuit et je publie sur mon blog mon manuscrit original "Vampyr Story : que Justice soit faite !" qui traite de ce que chacun peut souhaiter, en fin de compte : la justice.

Mais la justice pour soi ne l'est peut-être pas pour les autres ? Justice ou vengeance ???
Où est la limite ??

Sinon, quoi dire de plus ?? Que je suis une jeune maman d'une mouflette de 4 mois (presque 5 !). J'écris depuis de nombreuses années mais c'est la 1ère fois que mes écrits apparaisent sur la toile. Auparavant, je l'hébergeais sur Myspace, mais je l'ai récemment déménagé ici.

Voilà, j'espère que mon histoire vous plaira ...

A bientôt !

Par Plume de Nuit
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